Écoconception et consommation responsable en 2025 : Les tendances du marché

Lecture stratégique des tendances marché à partir des baromètres 2025 de l’écoconception et de la consommation responsable

08/01/2026

L’année 2025 marque un moment charnière pour les stratégies de durabilité des entreprises. La publication simultanée du Baromètre 2025 de l’écoconception et du Baromètre GreenFlex–ADEME de la consommation responsable offre une occasion rare de croiser, de manière rigoureuse, l’état de maturité des entreprises avec les attentes réelles des consommateurs.

Pris séparément, ces baromètres livrent des enseignements riches. Pris ensemble, ils révèlent une tension structurante du marché :
👉 les entreprises engagées en écoconception souhaitent accélérer,
👉 les consommateurs, bien que conscients des enjeux, peinent à traduire leurs convictions en actes.

Ce décalage n’est pas un échec de la transition écologique. Il est le symptôme d’un marché en phase de restructuration, où la valeur se déplace progressivement des intentions vers la preuve, de la communication vers la robustesse des démarches, et de l’innovation incrémentale vers des offres réellement alignées avec les usages.

1. L’écoconception s’installe durablement dans les stratégies d’entreprise.

Le Baromètre 2025 de l’écoconception confirme une évolution de fond : l’écoconception n’est plus perçue comme un sujet expérimental ou marginal. Pour les entreprises qui l’ont engagée, elle s’inscrit désormais dans une logique de continuité et d’approfondissement.

Le fait que 88 % des entreprises ayant déjà pratiqué l’écoconception souhaitent poursuivre leur démarche est un indicateur fort. Il traduit une reconnaissance croissante de la valeur créée, y compris dans des contextes économiques contraints. L’écoconception apparaît de plus en plus comme un outil de structuration stratégique, capable d’aligner enjeux environnementaux, performance économique et dynamique interne.

Les bénéfices perçus dépassent largement la seule réduction d’impact. L’amélioration de l’image et de la notoriété, ainsi que la motivation des équipes, sont aujourd’hui parmi les retombées les plus fréquemment citées. Cela montre que l’écoconception agit aussi comme un levier de transformation culturelle, en redonnant du sens aux projets industriels et de service.

À retenir

  • L’écoconception est entrée dans une phase de consolidation, plus que d’expérimentation
  • Les entreprises engagées y voient des bénéfices stratégiques, pas uniquement environnementaux
  • Image de marque et engagement des équipes deviennent des moteurs majeurs de la démarche

2. Une dynamique réelle, mais une maturité encore incomplète

Derrière cette volonté d’accélération, le baromètre révèle toutefois une limite structurante : la majorité des démarches d’écoconception reste partiellement pilotée. Autrement dit, les entreprises agissent, mais sans toujours disposer d’un cadre stratégique suffisamment robuste pour maximiser l’impact de leurs actions.

Seules 22 % des entreprises déclarent intégrer la réduction des impacts environnementaux dans une feuille de route stratégique de long terme. Pour les autres, l’écoconception reste souvent cantonnée à des actions ponctuelles, à une intégration RSE peu outillée, ou à une focalisation sur un impact unique (souvent le carbone).

La question de la mesure cristallise particulièrement cette difficulté. Une majorité d’entreprises ne dispose que d’une vision partielle de ses impacts, ce qui limite la capacité à arbitrer, prioriser et objectiver les progrès réalisés. Ce manque de pilotage explique pourquoi 30 % des entreprises expriment un besoin explicite d’améliorer la mesure et le pilotage de leur démarche.

À ce stade, l’enjeu n’est donc plus de convaincre de l’intérêt de l’écoconception, mais de faire monter les organisations en maturité.

À retenir

  • Beaucoup d’entreprises agissent sans cadre stratégique long terme
  • La mesure des impacts reste majoritairement partielle ou mono-critère
  • Le pilotage devient le principal facteur différenciant entre démarches efficaces et symboliques

👉 C’est précisément ce niveau de maturité qui conditionne la crédibilité de l’offre sur le marché.

3. Côté consommateurs : une conscience environnementale intacte, mais fragilisée

Le Baromètre GreenFlex–ADEME de la consommation responsable apporte un éclairage complémentaire indispensable. Il montre que la conscience des enjeux environnementaux reste très élevée dans la population française, mais qu’elle ne se traduit plus automatiquement en comportements de consommation responsables.

En 2025, 8 Français sur 10 estiment que la crise climatique impose de revoir nos modes de vie et de consommation. Ce chiffre confirme que le débat sur la légitimité de la transition est largement tranché. Pourtant, dans le même temps, la mobilisation recule, y compris parmi les profils historiquement les plus engagés.

Cette démobilisation s’explique moins par un rejet des enjeux environnementaux que par une dépriorisation face à des préoccupations jugées plus immédiates : coût de la vie, santé, sécurité. Les consommateurs évoluent dans un environnement saturé d’injonctions contradictoires, où les discours de sobriété coexistent avec une pression commerciale constante.

À retenir

  • La conscience environnementale reste élevée et stable
  • La mobilisation pour la consommation responsable s’essouffle
  • Les contraintes économiques et la pression commerciale pèsent fortement sur les arbitrages

4. Un consommateur plus rationnel, exigeant et pragmatique

Si l’engagement semble reculer, le baromètre révèle néanmoins une évolution profonde des comportements d’achat. Les consommateurs adoptent une posture de plus en plus rationnelle et réflexive, remettant en question les logiques de surconsommation.

Une très large majorité se pose désormais des questions fondamentales avant d’acheter : 88 % s’interrogent sur le réel besoin, 77 % accepteraient une livraison plus lente, 72 % privilégieraient la réparation, et 64 % se disent favorables à la précommande pour éviter la surproduction. Ces résultats montrent que le principal frein n’est pas l’absence de volonté, mais l’insuffisance d’offres crédibles et accessibles. Les consommateurs sont prêts à changer leurs pratiques, à condition que les solutions proposées soient cohérentes avec leurs contraintes de temps, de budget et d’usage.

À retenir

  • Les consommateurs questionnent davantage leurs besoins
  • L’ouverture aux modèles alternatifs (réparation, précommande, livraison lente) est massive
  • Le problème se situe moins dans la demande que dans la structuration de l’offre

5. La question centrale de la preuve : point de convergence des deux baromètres

Le point de rencontre le plus structurant entre les deux baromètres réside dans la question de la crédibilité. Les consommateurs ne rejettent pas les engagements des marques, mais ils en contestent de plus en plus la sincérité lorsqu’ils ne sont pas étayés.

Le chiffre est sans appel : 81 % des Français déclarent avoir besoin de preuves concrètes pour croire aux engagements des marques. Dans ce contexte, les démarches d’écoconception peu structurées deviennent un facteur de risque, notamment en matière de communication environnementale.

À l’inverse, une écoconception mature — appuyée sur des analyses de cycle de vie, des indicateurs multi-critères et un pilotage clair — permet de sécuriser les discours, de rendre les choix lisibles et de restaurer la confiance. Elle devient ainsi un outil de crédibilisation de l’offre, autant qu’un levier de réduction d’impact.

À retenir

  • La défiance porte sur le manque de preuves, pas sur le principe d’engagement
  • L’écoconception mature permet de sécuriser la communication
  • La crédibilité devient un enjeu central de compétitivité

6. 2025–2027 : le passage décisif de l’engagement à la maturité

Les enseignements combinés des deux baromètres dessinent une trajectoire claire pour les prochaines années. La question n’est plus de savoir s’il faut s’engager dans l’écoconception, mais comment structurer cette démarche pour qu’elle crée de la valeur durablement.

Les entreprises qui tireront leur épingle du jeu seront celles capables de dépasser les actions isolées pour construire une démarche pilotée, mesurable et intégrée au modèle économique. Dans un marché où les consommateurs attendent des preuves et où la réglementation se renforce, la maturité en écoconception devient un véritable facteur de différenciation stratégique.

À retenir

  • L’écoconception devient un standard attendu, pas un avantage en soi
  • La maturité de la démarche est le nouveau facteur différenciant
  • Pilotage, mesure et cohérence de l’offre sont les clés des prochaines années

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Retrouvez ces deux baromètres, sur notre bibliothèque dédiée.