EPD, FDES : combien ça coûte… et combien de temps faut-il vraiment prévoir ?

Coûts, délais, vérification : remettre de la réalité dans les projets de déclarations environnementales

20/01/2026

Lorsqu’une entreprise s’engage dans une FDES ou une EPD, les premières questions sont toujours très concrètes :
combien cela va-t-il coûter, et sous quel délai le document sera-t-il réellement publié ?

Ces questions sont légitimes. Pourtant, les réponses restent souvent imprécises, car on sous-estime encore :

  • la charge liée à la vérification tierce partie,
  • les délais structurels du système,
  • et les différences très réelles entre FDES et EPD, en termes de coûts comme de planning.

L’objectif de cet article est donc clair :
👉 donner une vision réaliste et pédagogique, fondée sur ce que vivent aujourd’hui les industriels sur le terrain.

Comprendre ce que l’on paie vraiment

Une FDES ou une EPD n’est jamais “juste une ACV”.
Le budget correspond à un process complet, encadré par des règles normatives et des exigences de publication.

Dans tous les cas, on retrouve trois grands postes :

  1. la réalisation de l’ACV et la rédaction du document,
  2. la vérification par un tiers indépendant,
  3. le dépôt et la publication sur une base officielle.

La différence de coût entre deux projets vient rarement du calcul lui-même, mais bien de la complexité du produit, de la qualité des données disponibles et du niveau d’exigence du programme.

Internaliser ou externaliser : deux stratégies possibles

Externaliser : la situation la plus courante

Aujourd’hui, la majorité des entreprises externalisent leurs FDES et EPD, en particulier pour les premières déclarations.

Les raisons sont simples :

  • la maîtrise des normes est exigeante,
  • la vérification impose une anticipation très fine des points de contrôle,
  • et les erreurs ou imprécisions se traduisent rapidement par des allers-retours longs et coûteux.

Externaliser permet surtout de sécuriser le calendrier, à condition que les données soient disponibles et que le projet soit bien cadré en amont.

Internaliser : possible, mais rarement immédiat

L’internalisation devient pertinente lorsque :

  • les équipes sont formées,
  • les données industrielles sont très structurées,
  • et qu’il existe un volume suffisant de produits à traiter.

Même dans ce cas, la vérification tierce partie reste obligatoire, et constitue souvent le principal facteur de délai.

Dans les faits, beaucoup d’entreprises fonctionnent en mode hybride :
👉 accompagnement externe sur les premières déclarations, puis montée en compétence progressive en interne.

La vérification tierce partie : le vrai point de tension aujourd’hui

La vérification est un pilier du système… et le principal facteur de ralentissement actuel.

Un phénomène de “bouchon” bien réel

Depuis plusieurs mois, on observe :

  • une forte augmentation du nombre de FDES et d’EPD à vérifier,
  • un nombre limité de vérificateurs disponibles,
  • et des agendas saturés plusieurs mois à l’avance.

Résultat : même avec un dossier techniquement prêt,
👉 les délais de vérification s’allongent, parfois de manière imprévisible.

Différence clé entre FDES et EPD

C’est un point essentiel à comprendre :

  • Les FDES sont aujourd’hui plus longues à faire vérifier : Les exigences nationales, les pratiques de contrôle et la tension sur les vérificateurs rendent cette étape particulièrement critique.
  • Les EPD vont généralement plus vite, notamment sur la phase de vérification, grâce à :
    • des procédures parfois plus fluides,
    • une organisation plus internationale,
    • et une pression légèrement moindre sur certains programmes.

Les délais : remettre de la réalité dans le planning

Dans la pratique, les délais annoncés sont presque toujours sous-estimés.

Délais observés aujourd’hui

Pour une FDES ou une EPD, il faut désormais raisonner ainsi :

  • Collecte des données : plusieurs semaines, parfois plusieurs mois selon l’organisation interne.
  • ACV et rédaction : 3 à 6 semaines en moyenne.
  • Vérification tierce partie :
    • FDES : 2 à 4 mois possibles en incluant l’attente de disponibilité des vérificateurs.
    • EPD : souvent plus rapide, mais rarement en dessous de 1 à 2 mois.
  • Publication : quelques semaines supplémentaires une fois le dossier validé.

👉 En pratique, il faut aujourd’hui doubler les délais “théoriques”.
Un projet complet se situe fréquemment entre 4 et 8 mois, surtout pour une FDES.

Combien ça coûte ? Ordres de grandeur réalistes

Les estimations ci-dessous incluent :

  • ACV + rédaction,
  • vérification,
  • dépôt / publication.

FDES – produits de construction

Produit simple : plan de travail

(matériau relativement homogène, procédés maîtrisés)

👉 Budget typique : 6 000 à 11 000 € HT

Ces estimations restent globalement stables sur le marché.

Produit complexe : panneau acoustique bois / feutrine

(assemblages, multi-matériaux, fin de vie plus complexe)

👉 Budget typique : 11 000 à 20 000 € HT

La complexité technique se traduit directement en temps d’analyse et de vérification.

EPD – produits de mobilier

Un point clé à retenir :
👉 à périmètre équivalent, une EPD coûte en moyenne 30 % moins cher qu’une FDES.

Cela s’explique par :

  • des procédures parfois plus standardisées,
  • une vérification souvent plus rapide,
  • et une logique internationale plus homogène.

Produit simple : bureau

👉 Budget typique : 4 000 à 8 000 € HT, hors frais spécifiques liés au programme choisi.

Produit complexe : siège opérateur

👉 Budget typique : 9 000 à 17 000 € HT, hors frais de programme.

Les frais de dépôt : à intégrer dès le cadrage

Les frais de publication sont rarement bloquants à eux seuls, mais ils doivent être intégrés dès la stratégie de déclaration, en particulier lorsque plusieurs produits ou variantes sont concernés.

C’est souvent à ce stade que se posent les questions de :

  • déclaration unitaire vs famille de produits,
  • configurateurs,
  • mutualisation des coûts à l’échelle d’une gamme.

Pourquoi observe-t-on autant d’écarts entre projets ?

Les différences de coût et de délai ne sont presque jamais arbitraires. Elles sont liées à :

  • la disponibilité réelle des données,
  • le nombre de variantes produit,
  • la clarté de la stratégie de déclaration,
  • et surtout… le moment où le dossier est envoyé en vérification.

Un projet techniquement “prêt” mais mal synchronisé avec les disponibilités des vérificateurs peut prendre plusieurs mois de retard.